« Es-tu heureux ? »

C’est en se voyant poser quelques questions qui vont l’essentiel qu’on réalise que c’est de là qu’émanent la plupart des réponses majeurs à de nombreux problèmes.

Car oui, c’est sortant de nulle part qu’on m’a posé ces questions :

  • Es-tu heureux, Jérémie ?
  • Là, aujourd’hui, dans le présent, est ce que tu es fier de ce que ce que tu as accompli, de là où tu en es ?

Des questions simples dans leur formulation à aller droit au but, qui invite à réfléchir en profondeur tout en restant spontané. Des questions simples mais pas évidentes pour autant. Suis-je heureux ? Suis-je content de moi ? Non. Je ne me défini par comme « heureux » ou satisfait d’un quelconque accomplissement personnel. Oui, j’ai eu des moments de bonheur dans ma vie, bien sûr, mais pas de quoi résumé ma vie comme quelque chose dont je sois heureux. Ce dont je suis le plus fier aujourd’hui ? Certainement le fait d’être parvenu à avouer à mes parents une partie de la rancune que j’ai toujours eu à leur égard. En dehors de ça ? Rien de bien significatif… Mon indépendance ? Le fait que je sois féministe peut être ? Ce n’est pas assez et je n’en suis pas plus « heureux ». Maintenant reste à savoir pourquoi.

Il y a plusieurs pistes voire plusieurs réponses à ça. La première étant que je ne crois pas avoir été témoin d’un quelconque bonheur en grandissant. Je n’ai pas de souvenir de témoignage d’amour ou de fierté venant de mes parents à mon égard. Bizarrement c’était les autres adultes qui me disaient que « mes parents m’aimaient » plutôt que de l’entendre de leur bouche ou de le voir dans leurs gestes. Je ne voyais pas plus cette affection se manifester envers ma sœur ou mon frère, ni même entre mes deux parents. Ainsi j’ai grandit avec cette idée que l’amour est quelque chose de rare et certainement difficilement mérité ; Enfin, je crois aussi avoir vécu presque uniquement en me « laissant porter par le vent », sans me battre plus que ça pour obtenir ce que je voulais ou ce que je pensais, engendrant une accumulations de déceptions personnelles à commencer par mes choix d’orientation scolaire. Je n’ai jamais su quoi faire de ma vie, ou du moins répondre quand on me posait la question. Sauf peut être cette fois là où j’ai répondu que je voulais apprendre la musique et qu’on a tenté de m’expliquer que je n’y montrais pas assez de motivation pour qu’on « investisse » dedans. Je n’ai pas insisté et j’ai fait de la restauration à la place comme tous les paumés en galère de mon âge, avec la conviction que c’était ce qu’il y avait de mieux -ou de moins pire- pour moi. Je vous raconte pas le sentiment de jalousie quand je découvre par la suite que ma sœur se voit financer une école de dessin parmi les meilleures de France -et un appartement à côté- pendant que moi je commence à travailler en alternance pour préparer un diplôme. J’aurai au moins aimé qu’on donne une chance à cette fois là : Où j’ai enfin exprimé ce que je voulais faire, que ça suivait une certaine logique.

Je ne suis pas heureux, je suis triste et rancunier parce que j’ai l’impression que ma vie a été construite sans qu’on voit ou qu’on accepte qui j’étais.

Au final, j’ai l’impression de m’être en grande partie construit tout seul. Peut être quelque chose dont je devrais être fier ? Si ce n’est que je ne suis pas fier du résultat. Pas pour l’instant en tout cas, même si j’y travaille.

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« Es-tu heureux ? »

Premiers pas sur scène (fin)

« …Un, deux, trois, quatre ! »
Et la mécanique est en marche.

Un seul hic. Je ne m’entends pas. Entre panique silencieuse et une quasi-certitude que je ne pourrai pas aller bien loin dans ce morceau sans avoir ne serait-ce qu’un minimum de retour, c’est dans ce début d’analyse que me vient l’évidence : J’ai déjà perdu ma concentration et suis sur le point de perdre le morceau.

Stop.
On arrête. Lire la suite « Premiers pas sur scène (fin) »

Premiers pas sur scène (fin)

La honte face à la fierté

Ah ? Ça y est ? Nous en avons fini avec la peur ? Notre bonhomme aurait-il fini par la vaincre sous tous ses états par la simple force des mots et de la pensée ?

Qu’on ne se méprenne pas. La peur n’est pas vaincue et ne le sera jamais. Après tout qu’est-ce que la peur sinon une émotion que l’on ressent tous les jours et de façon plus ou moins intense allant de la simple appréhension à la terreur face à la mort ?

Le titre a certes changé, mais le sujet reste dans la même continuité car dans cet intitulé subsiste cette même notion de peur, celle que l’on développait précédemment, qu’est celle d’exister.

Exister, le mot est simple, ses usages et définitions multiples et il ne sera pas question ici de se poser des questions inutiles sur le sens de la vie sinon de se limiter à des questions personnelles. L’action d’exister est à la fois simple et difficile, tout dépend comment on souhaite s’y prendre en fin de compte, si l’on fait partie de ces gens qui ne veulent pas se prendre la tête ou si l’on souhaite à l’inverse se transcender.

Sans porter de jugement sur une catégorie ou sur l’autre, j’ose concevoir l’être humain moyen comme un subtil mélange des deux et, pour ma part, c’est dans cette volonté de me dépasser que les émotions et les sentiments les plus néfastes font surfaces. La peur, la honte et la fierté en font partie, maintenant il serait précipité de voir ces trois termes comme purement et profondément négatifs. Il y a une logique, une relation entre eux, qui fait que le tout devient négatif et je vais énoncer ici ce qu’il en est pour moi.

La peur d’exister engendre de nombreux conflits intérieurs chez moi. Être reconnu pour ce que l’on est, n’est pas facile. Tout dépend cette fois ci de la façon dont on a grandi, dont on a été élevé. Certains vivent sans complexes, d’autre se noient dedans. Qu’ils soient physiques ou psychologiques, ces complexes existent surtout dans notre tête du fait de l’expérience que nous avons reçu de la vie, par ce que l’on a pu entendre ou voir, et c’est là que commence le problème.

Bon c’est mignon tout ça, mais où est le lien entre cette peur, cette fierté et cette honte ?

Le lien entre les trois se résume au fait que j’ai à la fois peur d’être fier que d’avoir honte de m’interdire de l’être. Il y a donc cette envie d’exister face à cette incessante peur d’en avoir le pouvoir. Pourquoi ? Parce que j’ai cette fausse idée qui veut qu’être fier soit synonyme d’écraser les autres, ce que, par humilité je ne veux pas. C’est comme ça qu’on se retrouve dans des situations stériles où je suis fier de quelque chose que je reconnais en moi mais que je n’exprimerai jamais afin d’être sûr de ne manifester aucun signe d’orgueil. C’est la bêtise de ne pas juger compatible fierté et humilité.

C’est un problème, de ceux qui vous empêche d’exister sereinement et je dois y remédier. La fierté en elle-même n’est pas un problème.

La honte face à la fierté